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23/03/2017

Robert Schuman, homme des frontières devenu père de l'Europe !

Bruno Bethouart2.jpg

 

A quelques jours du 25 mars, date anniversaire des 60 ans du traité de Rome, les Semaines sociales en lien avec ESPOL et la Faculté de droit (Facultés de l'Université Catholique de Lille), avaient demandé à Bruno Béthouart de prononcer une conférence sur Robert Schuman.

La voici en pdf. Moment pour souligner et fêter les 30 ans d'Erasmus !

Bruno Bethouart.jpgVive l'Europe ! Quelle Europe voulons-nous ? Le sujet est donc lancé avec cette conférence, et les Semaines sociales de France vont maintenant le travailler avec des contributions diverses et variées à retrouver sur le site http://www.ssf-fr.org/

Par ailleurs,

Thierry Chopin (directeur des études de la Fondation Robert Schuman et Professeur associé à ESPOL Lille) présentera, à l’occasion d’une conférence à ESPOL le jeudi 30 mars à 16h00 (amphi C008, 70 rue du Port à Lille), le Rapport Schuman sur l’Europe, l’état de l’Union 2017.

 

Par ailleurs, Michal Pink (Université Masaryk, République tchèque) donnera une conférence sur le thème « Accumulation of mandates after the 2016 Czech regional elections: multi-level comparison between regional and national levels » le 13 avril à 14h00 (salle C125, 70 rue du Port à Lille).

 

Et Mikko Jakonen (University of Jyvaskyla, Finlande) interviendra  sur "Thomas Hobbes’s Warnings on the Dangers of Multitude, Populism and Democracy" le 4 mai à 14h00 (sale C125, 70 rue du Port à Lille).

 

07/10/2016

Revue projet / extrême droite: écouter, comprendre, AGIR !

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Chrétiens et Citoyens…du grain à moudre

Les Semaines sociales qui rassemblent des chrétiens ouverts et attentifs aux enjeux d’une citoyenneté active et effective, ne sont pas un parti politique mais un mouvement associatif qui travaillent les questions contemporaines en cherchant à leur donner de l’écho. Il en est ainsi depuis 1904, date de leur fondation. Ce qui ne veut pas dire que les Semaines sociales ne recherchent pas la confrontation directe avec les différents partis de la vie démocratique française et européenne. Les Semaines ont souvent invités des hommes et femmes politiques lors des sessions annuelles et dans le cadre de la session qui arrive, les 19 et 20 novembre, sur le thème de l’éducation, l’ensemble des partis-candidats seront amenés à réagir sur nos propositions sur l’Education.

Pour autant, les concepts-clés des Semaines sociales, qui placent la personne humaine au centre de tout (il n’y a pas de personne humaine sans société, il n’y a pas de société sans les personnes humaines), tiennent dans la défense du bien commun (vivre en société est un bien) mais aussi dans ces deux grands principes à tenir ensemble : solidarité et subsidiarité. Pour les Semaines sociales, la subsidiarité sans la solidarité mène au particularisme, la solidarité sans la subsidiarité mène à l’assistanat. Et évidemment, il y a au cœur de nos valeurs, cet attachement à la justice sociale et l’option préférentielle pour les pauvres. Autant de concepts, principes, valeurs qui nous aident à penser les éléments d’une citoyenneté active et effective pour notre temps.

Cette citoyenneté active sait détecter ce qui est contraire à nos valeurs et ce qui met en danger le vivre ensemble. C’est pour cette raison que nous savons pointer du doigt, comme l’écrivait Jérôme Vignon le 3 décembre 2015, « Ces dangers et ces menaces palpables (qui) s’inscrivent dans le champ du politique ». Et d’indiquer qu’ « Elles sont un signe supplémentaire de ce que l’action politique elle-même devra, dans notre pays, être à la fois réhabilitée et rénovée, ainsi que le soulignait une rencontre récente suscitée à Paris par la Conférence des Évêques de France. Ici peut se manifester une façon d’être chrétienne, une manière de réagir « en chrétien » selon la distinction toujours utile de Jacques Maritain ».

Réagir en chrétien, c’est ce que les Semaines sociales aiment promouvoir. Comme je l’indiquais moi-même le 1er septembre 2015, L’Église ne dicte pas les choix politiques. Chaque chrétien est bien entendu libre de penser librement et de s’engager. Mais nous nous devions d’ajouter qu’il fallait bien regarder en face la France que souhaite le FN. Faisons de l’enseignement social de l’Eglise un vecteur sain d’engagement dans la société et dans la cité. C’est à cela que nous appelle la doctrine sociale de l’Eglise. De ce point de vue, on peut chercher et tordre la doctrine du FN dans tous les sens, il n’y a pas de point de convergence avec l’enseignement social de l’Eglise. Mais le dire est une chose. Il faut convaincre. L’encyclique Laudato Si du Pape François invite à prendre un tout autre chemin. Chrétiens et Citoyens, c’est possible et c’est nécessaire. La Revue projet consacre donc un ouvrage au thème « Face à l'extrême droite: écouter, comprendre, agir ». Essayons d’en faire un levier au service d’une citoyenneté active et effective contre le rejet systématique et pour le bien commun.

Denis Vinckier, Président des Semaines sociales Nord-Pas-de-Calais

Vice-Président des Semaines sociales de France

 

A lire, sur le même sujet, la tribune de Dominique QUINIO, Présidente des Semaines sociales de France

http://latribunedessemaines.fr/face-a-lextreme-droite-ave...

04/10/2016

ÉLOGE ACADÉMIQUE DE PAUL CHRISTOPHE par MICHEL HUBAUT

abbe Paul Christophe2.jpgNé à Sars-Poteries le 10 décembre 1932, Paul CHRISTOPHE entre au Séminaire universitaire des Facultés Catholiques de Lille et suit une formation en philosophie et en théologie (1951-1959). Ordonné prêtre pour le diocèse de Cambrai en 1959, il poursuit ses études en histoire et géographie (1958-1961), puis entreprend une dissertation doctorale en théologie sous la direction de Philippe DELHAYE. Cette thèse sera publiée en 1964 sous le titre « Les devoirs moraux des riches. L’usage du droit de propriété dans l’Écriture et la tradition patristique ».

D’abord professeur d’histoire générale au Collège Saint-Michel de Solesmes, Paul CHRISTOPHE enseigne l’histoire de l’Église aux Séminaires de Cambrai puis de Lille, au Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, et à l’Institut Pastoral d’Études Religieuses. En 1983, il est nommé chargé de cours à la Faculté de théologie où il devient professeur titulaire en 1992. Il est admis à l’éméritat en 2002.

Ayant été confirmé dans sa vocation d’historien par les enseignements d’Henri PLATELLE, Paul CHRISTOPHE restera toute sa vie un chercheur passionné par la recherche de la vérité et par la joie de la découverte, un travailleur infatigable attaché à la valeur de l’écrit, un homme discret et réservé dont les publications révèlent la véritable personnalité.

Directeur de la Collection « Bibliothèque d’histoire du christianisme » aux Éditions Desclée, de la Collection « Petits Cerf-Histoire » aux Éditions du Cerf, Paul CHRISTOPHE écrira de nombreux articles dans l’encyclopédie « Catholicisme » et publiera une cinquantaine de volumes.

Rappelons en premier lieu « Les Carnets du cardinal Alfred BAUDRILLART » parus en 9 volumes, et que couronne en 2004 le Prix Monseigneur Marcel décerné par l’Académie Française. Douze ans de travail pour l’édition en 10.000 pages des notes que rédigeait chaque soir, de 1914 à 1942, le Recteur de l’Institut Catholique de Paris, témoin et acteur de la vie ecclésiale, des événements nationaux et internationaux.

abbe Paul Christophe3.jpgLa bibliographie complète de Paul CHRISTOPHE montre la diversité des questions qui l’intéressent : l’action des papes (« Le Syllabus de Pie IX » ou « Benoît XVI. Un pontificat contrasté »), les conciles œcuméniques (« Le Concile Vatican I »), les modalités de « L’élection des évêques », les questions et les actions des prêtres dans « Les révolutions de 1789, 1830 et 1848 » ou dans les guerres de 1914 et 1940. Sans oublier l’expérience personnelle dont notre collègue témoigne dans son « Journal d’Algérie ».

Au-delà des apparences d’une histoire ecclésiastique assez classique apparaît le véritable centre d’intérêt de Paul : l'Évangile, dont l’expérience et l’annonce ne sont réservées ni à une élite ni à un clergé mais à chaque fidèle appelé à témoigner par la « Beauté des gestes du chrétien » dans la liturgie, par la prière (« Chemins de prière pour le temps de Noël » ou de « … Pâques », par la fidélité dans l’épreuve (« Souffrance dans l’Église au XXe siècle »), par la présence au monde (« L’Église dans l’histoire des hommes » ou « 1936. Les Catholiques et le Front populaire »), par la pauvreté et l’attention aux questions sociales (« Les pauvres et la pauvreté » ou encore « Grandes figures sociales du XIXe siècle »).

Abbe Paul Christophe.jpgPour conclure, redonnons la parole à Paul, tel qu’il s’exprimait dans Nord Éclair le 23 avril 1986 : « Ce n’est pas une Église désincarnée que j’évoque, mais une Église située dans son temps, dans son époque. Une Église pleinement humaine, qui relève elle aussi du mystère de l’incarnation… Sur un long temps, ce qui me frappe c’est une prise de conscience, l’éveil progressif de l’idée que l’Église doit être avec les pauvres… Et puis, l’engagement des laïcs, ces 220.000 catéchistes en France, c’est du jamais vu. Globalement, il me semble que l’on respire beaucoup plus librement en chrétien dans l’Église qu’avant ».

Église Saint Pierre-Saint Paul, Sars-Poteries, le 3 octobre 2016

19/09/2016

Démarche inédite des Semaines sociales de France sur le thème de l'éducation

Chère amie,

Cher ami,

 

La 91e session des Semaines sociales de France "Ensemble, l'éducation" est lancée !

Depuis le 8 mars, plus de 80 contributions pour changer l'éducation ont été postées sur la plateforme participative : www.ssf-lasession.org.

si vous voulez changer le monde, changez l'éducation - Nelson Mandela

 

Cette démarche inédite verra son aboutissement les 19 et 20 novembre à Paris, lors de la rencontre annuelle des Semaines sociales de France.

Inscrivez-vous dès maintenant grâce à vos codes d'accès :

 

 

Nouveau cette année : Inscrivez vos enfants ou petits-enfants : un programme spécifique a été élaboré pour eux !

 

A bientôt,

 

L'équipe des Semaines sociales de France

 

28/07/2016

N’infligeons pas trop vite une double peine aux musulmans de France

7784245270_francois-hollande-a-recu-les-representants-des-cultes.jpgJe fais partie de celles et ceux qui pensent qu’une grande majorité des musulmans de France souffrent de manière silencieuse de ce qui nous arrive collectivement depuis des mois : au nom d’un Islam totalement dévoyé, certains individus manipulés et endoctrinés tuent et sèment la terreur pour introduire le doute. Avec un seul objectif : mettre à mal la concorde républicaine dont un pays comme la France peut s’enorgueillir. A ce stade, il n’est d’ailleurs pas si évident que les plans des uns (http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-q...) soient totalement articulés avec les plans des autres. Raison de plus pour garder beaucoup de distance avec les interprétations rapides, toutes faites et donc à vérifier dans la durée.

Mais donc face à cette première peine infligée à cette majorité silencieuse, des voix se lèvent pour dire maintenant comment l’Islam de France doit s’organiser. Ainsi, l’ancien Ministre Jean Léonetti, connu pour sa modération, signe une tribune dans Libération du 27 juillet intitulée « L’Islam doit s’engager sur un pacte républicain ». Il souligne sans ambages que « C’est à l’Etat de reprendre le chantier inachevé de l’organisation de l’islam «de» France qui doit montrer un autre visage ». Dit ainsi c’est assez prétentieux selon moi. Il souligne par ailleurs que « Cette démarche sera longue et difficile car elle n’est pas dans notre culture républicaine qui ne reconnaît aucun culte, ni dans la culture de l’islam, qui ne reconnaît aucun chef ». Là un peu plus en accord. Et plus loin, le député des Alpes Maritimes avertit : « Cela paraît cependant la seule voie pour éviter que la fracture créée entre les musulmans et la majorité du peuple français ne devienne irréparable et aboutisse à un climat larvé de guerre civile ». C’est la méthode Coué en période extrême de difficulté.

Ce que je crois à ce stade, c’est qu’il faut d’abord, dans un contexte incertain, diffuser un esprit de concorde et laisser la suspicion de côté. Mais aussi toute volonté de vouloir « faire à la place de ». On ne va pas imposer à l’Islam de France une organisation, tout comme il serait mal venu dans une période de deuil pour tous d’arriver après les « amalgames lourds » avec des « amalgames softs ». Il faut aussi laisser les musulmans de France se rassembler, digérer ces événements et les aider à faire le chemin utile de réflexion et de prise de conscience. Les choses vont finalement plus vite qu’il n’y parait dans cette voie puisque le Recteur de la mosquée de Paris vient, ce jeudi 28 juillet, de jeter un pavé dans la mare en déclarant « que dans l’avenir, ce sera l’heure pour les musulmans de prendre conscience de ce qui ne va pas dans cette vision mondiale de l’islam ». Cela va donc bien dans le sens d’une prise de conscience interne.

Oui, il reste un fantasme quand on parle de l’Islam en France, le financement par l’étranger. Sur ce point le Sénat vient de rendre un rapport instructif soulignant que « le rôle des États étrangers dans le financement de la construction et l'entretien des mosquées est marginal par rapport au financement par la communauté elle-même ; cependant, la visibilité des mosquées - souvent des mosquées-cathédrales - qui en bénéficient, ainsi que les implications idéologiques que l'on prête à ce type de financements explique la sensibilité politique qu'ils comportent ». La mission d'information s'est donc attachée, pour chaque État financeur du culte musulman en France, à obtenir les réponses les plus exhaustives possibles concernant le montant des financements apportés.

Ceci étant dit, à ce stade, qui peut croire qu’il a été facile, il y a plus de 100 ans, pour les « Catholiques en France » d’adhérer si facilement aux valeurs et principes de la République ? Il a fallu un Pape, Léon XIII, et une encyclique, « Au milieu des sollicitudes », publiée d'abord en français, contrairement à l'usage habituel du latin, le 16 février 1892. Destinée en premier lieu à l'épiscopat de France, au clergé et aux catholiques français, avec comme sous-titre « L'Église et l'État en France », cette encyclique majeure après celle de 1891 « Rerum Novarum », s’est mise à inciter tous les catholiques de France à se rallier à la République. Rien de moins.

Nous savons que le chemin fut difficile et le chemin fut aussi un chemin de conversion. La loi de 1905, loi de conciliation, est venue consacrer les rapports de l’Etat avec les religions. Et il a fallu attendre 1928 pour que la loi de 1905 soit acceptée, après négociations, par le Vatican. C’est certainement sur ce même socle que nous devons envisager l’évolution d’un « Islam en France ». Nous savons que c’est un chemin plus exigeant mais réfléchissons et écoutons beaucoup avant d’infliger une double peine aux musulmans de France. Au boomerang de cette double peine que nous pourrions voir nous revenir en pleine figure, préférons l’exigence d’un dialogue construit et nourri.

Denis Vinckier

Président des Semaines sociales Nord-Pas-de-Calais