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08/05/2014

L'Europe comme élément de la matrice politique d'André Diligent

André Diligent et l’Europe

« L’Europe comme un élément de sa matrice politique »

Roubaix le 7 février 2014, 3ème journée d’étude

Par Denis Vinckier,

Ancien collaborateur parlementaire,

Secrétaire des Amis d’André Diligent

 

diligent age.jpgJe sais bien que c’est l’heure de l’apéritif…mais cette intervention vous amènera directement au déjeuner.

Je connaissais la conviction européenne d’André Diligent, je ne connaissais pas son activité européenne. Je suis donc parti du travail d’inventaire des archives et j’ai ainsi pu « matcher » les archives dans une perspective historique.

Je voudrais dédier ce travail à André Heurteaux décédé récemment. Il faisait partie de ces personnages qui respiraient l’âme européenne. Il m’avait embarqué à un congrès de l’Union Européenne des Travailleurs Démocrates Chrétiens. Engagé politique et syndical, l’Europe c’était le combat de sa vie. J’ai ainsi mieux saisi le poids et la profondeur de cette âme commune qu’il avait en commun avec André Diligent. J’associe à cette dédicace Robert Diligent auquel le Président Béthouart a rendu hommage ce matin. Ce n’est pas un hasard si toute la presse belge, luxembourgeoise, allemande lui a ainsi rendu hommage.

L’Europe, sa construction, son actualité, son devenir, autant de points d’attention de la pensée politique d’André Diligent, presque une dimension génétique chez lui, affirmée tout au long de sa vie politique, sans faille. L’Europe comme un élément de sa matrice politique.

Il nous appartient au travers de cet exposé d’essayer de justifier de la posture indéfectible d’ouverture à l’autre d’André Diligent qui justifiait son adhésion au centre des citoyens du monde…du Nord de la France. Quand l’association organise son assemblée générale à Roubaix le 17 février 1984, le président n’imagine pas un instant que le maire de Roubaix ne préside pas en personne cette manifestation l’assurant de son indélébile amitié.

Je voudrais dire que c’est avec un certain plaisir que j’ai retrouvé des dossiers sous la forme de ceux que nous avons travaillés plus tard. Diligent c’était une mécanique politique, un train sur des rails. Je n’ai pas dit qu’il arrivait toujours à l’heure. Je n’ai pas connu la période sur laquelle j’ai travaillée. Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. Un seul exemple : la vie politique ne manque pas de renouvellements ministériels en tous genres. Pour les élus, c’est toujours scruté à la loupe car un ministre connu, c’est une oreille par définition plus attentive. En théorie. Après chaque renouvellement ou remaniement, Diligent n’hésitait pas à féliciter un ministre…en glissant toujours des premiers éléments d’une discussion à entrevoir. Entre 1996 et 2001, nous avons dû faire cela une dizaine de fois. J’ai retrouvé dans les archives Europe une lettre que je vous livre et qui est amusante : elle est datée du 8 juillet 1981, elle est adressée à André Chandernagor : « Vous ne me croiriez pas si j’écrivais que le résultat des élections et la formation du gouvernement m’ont transporté d’enthousiasme. Vous me croirez peut-être si j’ajoute que parmi les quelques satisfactions de ces dernières semaines, il y a votre nomination comme Ministre chargé des affaires européennes. Président de la sous-commission institutionnelle, j’aimerais évoquer avec vous ces problèmes….

 

Si l’engagement européen d’André Diligent ne fait pas de doute, il était intéressant de regarder les ressorts profonds de cet engagement européen à travers ses archives : à qui / à quoi fait-il référence, de quoi parle-t-il ? Ce sera notre 1ère partie.

  • Il a été député européen mais il s’y est préparé. En effet battu au Sénat en 1977, il s’implique totalement dans la campagne pour l’élection des députés européens au suffrage universel. Il est élu du 10 juin 1979 au 17 juin 1984 comme député à l’assemblée des communautés européennes. Il y fait un travail intéressant et vous le verrez il fait au parlement européen du Diligent. Anne-Marie Leblanc avait indiqué que c’était le seul Député bien repéré par les appariteurs puisque c’était le député qui courrait tout le temps. Quand je dis qu’il a fait du Diligent c’est qu’il a été lui-même, en portant et en alliant haut et fort ses convictions avec la défense des préoccupations régionales et territoriales.

     

  • Maire de Roubaix en 1983, il s’implique totalement en faveur de l’Europe du quotidien, il milite ardemment en faveur du oui à Maastricht en 1992. C’est l’époque où comme en 1978/1979 après les déclarations sur le parti de l’étranger, il interpelle vivement les gaullistes. Diligent rappelle de manière récurrente que la scission avec De Gaulle portait sur les opportunités et non les finalités. Il n’accepte pas l’instrumentalisation de la pensée européenne de De Gaulle par les héritiers du gaullisme.

 

  • Si j’ai le temps, je ferai une conclusion : L’Europe était un idéal pour Diligent, la citoyenneté européenne davantage pour lui un aboutissement. Cette Europe citoyenne, il revient à la jeunesse de l’achever, d’en faire une Europe de la réussite et de l’ouverture sur le monde.

 

1ère partie – les racines européenne d’André Diligent

Il y a plusieurs sources pour appréhender cette question.

 

D’abord une longue interview parue dans la Croix du Nord dimanche des 11 et 13 mai 1979 qui commence ainsi : on le surnommait autrefois le candide du Sénat. Est-il maintenant le candide de l’Europe ? Et de souligner peut-être si l’on rend à ce terme sa véritable signification, sa pureté d’âme.

Cette interview, évidemment André Diligent l’a préparée. Il improvisait souvent sur la forme, jamais sur le fond. L’Europe comme moyen de se dépasser indique Diligent, Europe messager des défis du futurs. Mais de quoi exactement ? Et bien de ces valeurs auxquelles la société de l’an 2000 s’abreuvera en retournant aux sources humanistes de notre continent. L’Europe pour les pays du tiers monde. A l’heure où la pollution menace tant au sens propre comme figuré, Diligent  professe une sorte d’écologie « culturelle » qui rendrait à l’Europe renaissante cette extraordinaire vitalité qu’elle avait jadis et qui lui rendrait son imagination créatrice.

Et La Croix de préciser que Diligent ne joue pas les prophètes d’une ère pseudo-spiritualiste et aventureuse. Et celui qui deviendra député européen quelques semaines plus tard d’insister : je répéterai inlassablement ce que moi et mes amis croyons être l’un des défis du futur les plus importants, ce pari d’une Europe qui est marqué d’une unité spirituelle fondamentale et en même temps d’une éclatante diversité.

Nous sommes en 1979, il indique qu’un alliage aussi précieux ne se laisse pas fourrer dans un melting-pot à l’américaine. L’Europe unie sera celle des cultures et de ses patries fortement contrastées ou elle ne sera pas. Et d’achever la démonstration : faire prendre conscience aux nations associées à la plus grande entreprise politique de ce siècle, que leurs vieilles cultures possèdent des éléments communs fondamentaux qui font qu’on est Européen et non pas Asiatique ou Américain, est l’une des tâches primordiales des instances communautaires.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que nous vivons l’Europe glisse-t-il au passage. L’Europe qui n’a ni matières premières, ni pétrole, ne s’en sortira que par l’audace, la matière grise et la solidarité.

En novembre 1978, la Croix Dimanche du Nord évoquait cette race sentimentale d’élus pour qui la construction européenne restera la grande aventure du XXème siècle. A l’Europe des grands principes évoqués par Michel Debré, André Diligent oppose l’Europe des grands sentiments. André Diligent a toujours parlé de projet européen aimant mettre à différents moments le doigt sur des paradoxes : tout le monde se déclare européen mais personne ne propose de projet pour l’Europe. Inconditionnel de l’Europe, Diligent est toujours offensif : toujours dans cette interview, il déclare : Nous en avons fini avec l’Europe des monuments aux morts. Qui ne voit-pas que pour discipliner les multi nationales qui jouent un si grand rôle, il faut une structure internationale. Nous avons avancé mais il nous reste encore un bond immense à faire…

 

Mais en évoquant cela, Diligent se livre, mais nous ne sommes pas encore, je pense, au cœur des racines profondes de cet engagement génétiquement européen.

C’est dans un article « L’Europe, De Gaulle et nous » écrit en 1979 que Diligent se livre un peu plus et donne une première clé : comme de nombreux  Démocrates Chrétiens, mes convictions européennes se sont forgées à l’heure de la libération sur la certitude que la construction de l’Europe serait une garantie de paix durable, par la résorption des vieux antagonismes nationaux.

Sur ce point essentiel, une source d’archives est précieuse, c’est le discours d’André Diligent comme député européen à l’inauguration du square Robert Schuman à Bédarieux, le 6 mai 1980.

Je ne sais pas si c’est le type de déplacement qu’affectionnait André Diligent, mais dans la Roussillon, il se dit à la fois émerveillé et confus de participer à l’inauguration.

Confus parce qu’il semble s’exprimer à côté du Président Pfimlin qui a été collaborateur de Robert Schuman, ils ont donc participé aux premiers combats pour l’Europe unie souligne d’abord André Diligent. Emerveillé car le pari lancé il y a 30 ans est gagné poursuit-il. La commune de Bédarieux est le lieu de rencontres parlementaires, j’y reviendrai. Et Diligent d’évoquer le courage et le génie des visionnaires pour mettre, cinq années après la plus dévastatrice des guerres intra-européennes, une communauté de réconciliation, d’échange et de coopération. Cette communauté, Robert Schuman, dans la tradition spiritualiste souligne Diligent, Schuman a voulu la faire par les hommes. Et de son amitié avec Jean Monnet, naquit l’une des inventions les plus fructueuses de l’ére moderne : les intérêts matériels ne doivent plus servir d’alibi pour alimenter les rivalités entre les hommes. La communauté charbon-acier, puis l’Euratom et le marché commun s’érigèrent selon ce principe.

Diligent livre ici une définition des militants européens qui seraient tels de Saints Sébastien sereins et indifférents aux flèches des hommes de peu de foi…S’il y a un sens à l’histoire, c’est bien celui qui amènera nos pays à se regrouper pour faire face ensemble aux défis de la planète et à accepter en contrepartie de leur épanouissement, des disciplines collectives arbitrées par des institutions. L’acquis fondamental de la communauté fondée par Schuman, Adenauer, De Gasperi, Spaak, est de caractère moral. Osons le répéter et cherchons à en convaincre ceux qui ne nous ont pas encore compris. Son inspiration profonde est de nature philosophique poursuit Diligent, elle vise à changer la qualité des rapports entre les hommes et à introduire dans les relations entre les nations les mêmes règles démocratiques en vigueur dans nos systèmes politiques : l’arbitrage l’emporte sur la violence, l’égalité sur la discrimination.

Diligent rappelle ceci dans une période troublée. La paix se mérite, l’expérience nous l’a appris, à nous autres européens, et pendant trop longtemps à nos dépens.

 

La paix, cela nous amène à la seconde clé

Un article de l’âme populaire d’avril 1979, signé d’André Diligent et intitulé « garder l’âme de Marc ». Diligent parle évidemment de Marc Sangnier prenant soin d’introduire son propos par un : il ne faut jamais faire parler les morts. Surtout ceux que l’on respecte et nous inspirent. Ils nous ont laissé une manière de penser mais ils n’entravent en rien notre liberté d’imaginer.

André Diligent indique n’avoir pas trouvé chez Marc Sangnier, disparu en 1950, la recette miracle qui donnerait la voie droite et juste entre le national, le supranational, le fédéral ou le confédéral. Trop de mutations ont libéré la face des choses mais…la pensée et l’exemple de Marc Sangnier ont trop marqué nos engagements pour qu’il soit difficile de savoir d’emblée les valeurs qu’il poserait au cœur d’un combat européen. Pour l’essentiel, et cela s’inscrit dans la continuité de son message d’amour, ce seraient des valeurs de paix et de fraternité. Et de lister son combat contre un nationalisme orgueilleux, contre l’état érigé comme une fin, pour l’éveil d’une conscience internationale, pour la réconciliation franco-allemande, la nécessité d’arbitrer entre les nations. Marc Sangnier dont la devise était « L’amour plus fort que la haine » n’a pas moins organisé que 9 congrès de la paix (à Bierville) à partir de 1921 où s’est élaborée la charte de l’action internationale démocratique pour, ajoute Diligent, imaginer qu’il ne soit pas aujourd’hui profondément européen. C’est bien la paix qui appelle la recherche toujours plus parfaite d’une organisation internationale réductrice des antagonismes et capable de renforcer les solidarités.

Point n’est question de faire parler une grande voix qui s’est tue. Mais dans la mesure où le témoignage d’une vie brûle encore dans nos cœurs et inspire nos actes, demeure le droit de dire en quoi elle suggère nos choix de conscience et nos orientations d’action.

André Diligent a dû penser à Marc Sangnier quand il rappelle le 31 janvier 1980 : comme tous ceux de notre famille d’esprit, j’ai eu toute ma vie l’obsession de l’indépendance personnelle, nationale et européenne. C’était pour justifier l’annonce qu’il avait faite le 19 janvier d’une volonté de boycott des Jeux Olympiques se justifiant en parlant de l’essentiel. L’essentiel n’est pas dans les JO, il est dans l’avenir de la démocratie, la sauvegarde des nations menacées et la cause de la paix. Les JO ne sont qu’une occasion, que je crois efficace, de défendre cet essentiel. (Je ne sais pas comment André Diligent faisait et continue de faire ainsi des clins d’œil à l’histoire, la Charrue et l’Etoile ne relève pas du mythe…)

 

J’en arrive à ma seconde partie

2ème partie : Diligent battu au Sénat…

Secrétaire Général du CDS, nous sommes dans les années 1980. Diligent l’affirme à longueur de papiers dans les journaux : l’Europe de 1980 n’est plus celle de 1951 ni celle de 1965. Les grandes querelles du passé n’intéressent pas la jeunesse. Ne sombrons pas dans les arguties de théologiens ou dans les joutes de juristes pointilleux. Bien malin qui peut dire la différence entre une confédération solide ou une fédération laxiste…Confidence faite à France Soir 27 janvier 1979.

 

  • André Diligent s’intéresse à la question des pouvoirs européens. Pour Diligent le débat des nouveaux européens est de savoir s’il faut encore s’attarder plusieurs décennies dans une organisation où le culte de la frontière prévaudra sur celui de la pauvreté et dans laquelle des fonctionnaires bruxellois épuiseront leur énergie et l’argent des contribuables…la question est autre pour lui : elle est bien de savoir s’il faut briser cet état d’esprit pour faire des politiques monétaire, industrielle, agricole plus dynamiques. Pour envisager ensuite diplomatie commune, défense commune pour parler à égalité au plan mondial avec les USA, l’URSS et demain la chine.

     

  • Novembre 1978 : pour nous la solution n’est ni celle de M Debré ni celle de Schmidt, alliés de circonstance.

     

  • Le 6 décembre 1978 Jacques Chirac dénonce le parti de l’étranger.

     

  • Diligent ne mâche pas ses mots : associant Marchais et Chirac, il met en cause ceux qui réclament un mandat…pour faire échouer l’Europe politique où il s’agit précisément de la conduire. Nous sommes en campagne pour les premières élections au suffrage universel des représentants des communautés européennes et Diligent martèle : Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’avec l’Europe la France perd son âme. Au contraire, la France a vocation de donner une âme à l’Europe.

     

  • Diligent comme Secrétaire Général du CDS est donc totalement investi dans cette campagne européenne, qui amènent les candidats à sensibiliser les citoyens au fait d’élire pour la première fois des députés élus au suffrage universel. On retrouve ainsi André Diligent à Liège avec le socialiste Cool en novembre 1978 tandis que le député belge Charles-Ferdinand Nothomb, Président du PSC (adhérent de notre association) se retrouve à débattre ainsi avec Pierre Mauroy sur l’importance du scrutin au-delà des étiquettes politiques.

     

  •  Si certains pouvoirs nouveaux devaient être donnés, ce ne serait que par négociations de traités signés par les gouvernements et ratifiés par le parlement national rappelle Diligent. Et toujours malicieusement de rappeler que l’actuelle assemblée ne dispose que du droit d’être consultée sur les règlements communautaires. Le conseil décide seul et peut ne tenir aucun compte des avis communautaires. Les réglementations sont établies par des experts hors de tout contrôle efficace. On sait que nombre de décisions dont dépend la vie quotidienne des européens sont adoptées non par le conseil qui se borne à entériner mais par le comité des représentants permanents des états membres qui lui-même fait confiance aux experts…

  • Donner la parole aux élus du peuple européen est le seul moyen de s’en sortir.

  • Le meilleur moyen d’éviter la tentation et le risque de débordements est de confier à l’assemblée des tâches concrètes. Des lors que l’accord du conseil continuera d’être requis, les souverainetés nationales ne subiront pas la moindre atteinte. Seule sera menacée la dictature des experts des neuf bureaucraties nationales.

  • Il faut faire l’Europe sans défaire la France disait De Gaulle. Sans aucun doute mais il ne fait pas non plus défaire la France en ne faisant pas l’Europe. Du André Diligent dans le texte – 18 novembre 1978.

 

 

J’ai insisté sur ce point car une fois élu, André Diligent va poursuivre ce travail d’examen et d’approfondissement des rapports entre les parlements nationaux et le parlement européen. Il va le faire dans le sillage de Charles Ferdinand Nothomb qui avait lancé des pistes sérieuses. Ce dernier est devenu entre-temps Ministre des affaires étrangères. A Luxembourg en juillet 1981, Diligent fait adopter un rapport tendant à établir une meilleure coopération entre parlements.

En effet, un tout petit retour en arrière, chacun comprend qu’avant l’élection au suffrage universel, les parlementaires européens étaient des délégués des assemblées nationales. Il leur était facile de comparer les solutions étudiées au niveau européen et de leur pays. Après l’élection de 1979 des députés européens au suffrage universel, seuls (si l’on peut dire) un quart des élus détiennent un double mandat. Toute une époque… Bref, partant de là, les présidents des assemblées parlementaires se rencontrent annuellement (Bonn en 1976, Vienne en 1977, La Haye 1978, Madrid en 1980 où Alain Poher alors président du Sénat en exercice et qui fut 3 ans président du Parlement Européen produit un rapport sur le sujet des coopérations). Charles Ferdinand Nothomb et André Diligent reprennent le flambeau. Pour eux, évidemment la question des relations se pose en termes nouveaux depuis l’élection au suffrage universel. L’élément d’union personnelle entre les deux types d’assemblée est en voie de disparition. Il est important de le remplacer par des relations structurelles en vue d’éviter le cloisonnement. Et André Diligent d’évoquer des liens réguliers entre parlements et notamment  des parlementaires européens qui devraient pouvoir utiliser les services des parlements nationaux. On pourrait ainsi envisager que ceux-ci donnent des possibilités de participer sans droit de vote. L’impulsion pour eux doit maintenant venir d’une conférence annuelle des présidents du PE et des parlements nationaux.

 

Le même Charles Ferdinand Nothomb présidera le Parti Populaire Européen. Diligent et lui et d’autres avaient perçu que le nouveau parlement européen serait réduit à l’impuissance si devaient y participer les plus de 100 partis politiques différents, insistant sur l’incapacité pour ces entités d’examiner en Europe des débats significatifs.

 

J’imagine avec du recul qu’André Diligent a pris beaucoup de plaisir à siéger dans un groupe ainsi transverse au plan européen mais il faudra un jour prolonger les études en allant consulter les archives du PPE. Dans ce groupe naissant, il y a toute la passion à retrouver d’hommes qui ont été des précurseurs d’une manière tout à fait nouvelle d’entrevoir la politique européenne. Comme je mesure qu’il a fallu toute cette passion pour imposer l’idée européenne qui n’allait pas de soi. Les mots sont durs contre Debré et Chirac. A ce dernier, il est capable de dire : Nous l’avons, en dormant, échappé belle. Le premier ministre de l’époque était incontestablement chef du parti de l’étranger…si l’on en croit l’actuel Maire de Paris.

 

Diligent au Parlement européen

En 1979, Diligent fait campagne aussi en Belgique alors qu’il n’y a aucune voix à gagner. Mais c’est tout le lien avec les membres du PSC qui l’anime. Etranger habitant à 17 kms de Tournai, il déplore les « frontières imbéciles ». Les européens sont condamnés à faire de grandes choses bien que l’Europe naisse avec des siècles de retard. Si je cite ce déplacement à Tournai, c’est aussi pour ce qui suis : L’Europe démocrate constitue l’espoir du tiers-monde, qui ne croit plus à l’URSS ni aux USA, l’Europe sera celle des démocrates et non plus celles de technocrates. Mais elle doit découvrir son âme. Tournai 1979.

Je veux bien croire qu’il courrait sans cesse et ces propos tenus à Tournai résonnent un peu comme une feuille de route. L’a-t-il tenue ?

Les archives nous permettent de nous rendre compte qu’il s’est particulièrement investi dans la grande question de la faim dans le monde. Onze mois de travail au parlement européen, 5 commissions, 10 rapports, des centaines d’auditions. Au titre de cette participation, il est invité officiellement à un colloque le 22 novembre 1980 à l’assemblée nationale par le comité mondialiste de France. Il déclare, c’est du Diligent, une fois sur 100, on note un CCP, on envoie un petit billet pour apaiser sa conscience et on passe au western qui suit. Il n’hésite pas à brandir les 10 recommandations immédiates du rapport Verger / Michel et Dominique Florian en parlera tout à l’heure mais le lien se fait avec la révolution verte et l’agriculture biologique. Lors de l’Université d’été des JDS à Annecy de cette même année 1980, Dominique développe les perspectives scientifiques, économiques, sociales et politiques de la révolution verte.

 

S’agissant des droits de l’homme dans le monde, André Diligent dépose une requête devant la commission politique du PE le 2 octobre 1979 au sujet des disparus chiliens. Il est en contact direct avec des associations. Par lettre du 29 mai 1980, il répond à l’association des détenus argentins : depuis hélas trop d’années, je me préoccupe des problèmes de détenus, des disparus et tués en Argentine et inutile de vous dire que je continuerai tant que cela sera nécessaire. Les associations considérant le PE comme la conscience de l’Europe sensible à la souffrance des peuples dues aux violations des droits de l’homme. Vous savez que les visites des délégations internationales ont une influence très positive…écrivent-elles à Diligent.

Député de 1979 à 1984, les archives nous disent qu’André Diligent siège au secrétariat de la commission politique et il préside la sous-commission institutionnelle. Je n’y reviens pas c’était le travail sur les droits de l’homme mais aussi les relations entre parlements.

Et aussi nombre de travaux sur l’Europe du quotidien. C’est ainsi qu’il interpelle régulièrement le Conseil sur la progression de l’Europe du quotidien depuis les élections européennes. Pour André Diligent l’Europe du quotidien a un visage : il évoque l’uniformisation des tarifs postaux, la suppression des formalités inutiles aux frontières, l’harmonisation des heures d’été, la diffusion des idées européennes dans les écoles et universités. Toujours en 1980, il interroge sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, la politique suivie en matière de publications, l’éducation et la formation professionnelle dans le cadre de la nouvelle politique industrielle de la CEE. Autant de sujets sur lesquels il rebondira quand il reviendra au Sénat français à partir de 1983. Si mes informations sont exactes, André Diligent a donc cumulé les fonctions de DE et de Sénateur pendant une année. Dans les années 80 et 90, au Sénat André Diligent n’aura de cesse que d’interroger le gouvernement sur les avancées sociales au plan européen: bénéfice de retraite pour les français travaillant à l’étranger et d’une manière générale sur les avancées en matière d’harmonisation sociale. Mais revenons au PE, en 1980, Il interroge déjà la commission sur les nouveaux projets de Tunnel sous la manche.

Par lettre du 7 janvier 1982, il écrit au Président Paolo Barbi, il souhaite démissionner de la commission politique et de la sous-commission application des traités pour se consacrer à la commission de la politique régionale.

André Diligent va s’intéresser aux questions de politique énergétique, de sécurité. Je ne peux pas développer et il faudra creuser comme sur le tunnel sous la manche. Pour André Diligent, ce dossier dont il avait des archives conséquentes, est important au niveau du rôle de trait d’union entre les peuples. C’est ce qu’il développe au PE, citant Schuman pour qui l’Europe devait se faire avec des réalisations concrètes. Il souhaita à cet égard que l’on ne parla plus de tunnel sous la manche mais de tunnel de l’Europe. Tous ses vœux n’ont pas été exaucés…

Il s’est également investi dans le dossier textile, souhaitant la mise en place progressive d’un corps de douaniers commun. Il s’en prend aux abus des USA et demande avec insistance que les règlements communautaires soient strictement appliqués, et s’ils apparaissent insuffisamment efficaces, corrigés !

 

Nous avons évoqué les convictions européennes de Diligent. Dans ces années 1980, Diligent indiquent qu’elles se fondent davantage sur l’idée que l’Europe est devenue pour la France, l’arme la plus puissante de ce 3ème conflit mondial, plus économique que militaire. On sent un Diligent offensif notamment quand il évoque ce défi énergétique plus implacable que celui de 1974. Derrière lui se profile l’exigence d’un nouveau redéploiement industriel.

 

Je conclue cette partie en soulignant qu’il est un député européen reconnu…au moins en France. Témoin cette Lettre du Préfet le 16 juin 1982 : André Diligent est requis pour la formation des cadres de la préfecture sur la Communauté Européenne : institutions, exemples d’interventions, perspectives. Comme cela, je me dis qu’ils doivent s’en souvenir…

 

3ème partie

 

Maire de Roubaix, Diligent ne change pas, il est et reste européen. Pour lui les nordistes ont intérêt à jouer l’Europe. Pour lui, l’Europe n’est ni un rêve, ni un cauchemar mais une réalité.

J’ai déjà évoqué la manière dont André Diligent s’est toujours intercalé entre De Gaulle et les gaullistes. Il sermonne Chirac. A Debré, il avait osé rappeler en 1979 que c’était le seul avis de Michel Debré osant même : l’analyse et le sentiment du chef de gouvernement ne recoupaient pas toujours parfaitement ceux du chef de l’état, sous-entendu De Gaulle.

André Diligent ne tolère pas que l’on caricature De Gaulle sur l’Europe. De Gaulle considérait-il vraiment que le plus grave danger pour notre indépendance était celui de canons allemands braqués contre la cathédrale de Strasbourg. Il ne laisse rien passer.

 

Il n’est pas candidat au renouvellement en 1984 mais bien évidemment il réagit aux résultats des élections de juin.

Il est sollicité en 1987 après le discours du Président Mitterrand par une presse qui tente de l’opposer à Jacques Chirac. Tant mieux si les socialistes font leur révolution au sujet de l’Europe répond-t-il à Libération.

Il y a les élections européennes de 1989. Diligent déclare le 4 mai 1989 dans le journal interne du mouvement auquel il appartient fidèlement : Il y a 35 ans, la motion votée en présence d’Etienne Borne et Pierre-Henri Teitgen, affirmait avec force l’attachement à la construction de l’Europe. Allons-nous affronter frileusement ces élections en ayant peur d’être nous-mêmes ? Diligent droit dans ses convictions européennes au moment où des centristes rejoignent une liste d’union derrière Giscard. Finalement Simone Veil emmène les centristes mais le résultat est modeste.

Arrive le débat sur Maastricht en 1992.

Pour lui le non à Maastricht serait un recul de l’Europe, une perte d’influence pour la France et une immense déception pour tous les européens à l’est comme à l’ouest. Le oui laisse la porte ouverte aux générations pour poursuivre sous la forme qu’ils voudront.

 

Il multiplie les arguments :

Il déclare que Maastricht favorisera l’intégration des jeunes immigrés, le sentiment d’appartenir à l’Europe les rendra plus fiers d’être français. Parallèlement il réclame une législation européenne pour arrêter l’inflation de la consommation de drogue. Maastricht oui ! Rotterdam non !

Il déplore le brouhaha et l’embrouillamini des arguments. Jamais le bêtisier politique n’a été aussi rempli soupire-t-il ne souhaitant pas mêler sa voix. De source sûre dit-il, le rejet entrainerait une chute dramatique de confiance de nos voisins.

Dans une lettre à Gérard Vignoble, Président du  Versant Nord-Est, le 4 septembre, il développe les mêmes arguments que ceux retrouvés dans un communiqué de presse :

  • Avec les voisins belges, nous avons préfiguré la construction européenne ;

  • Avec De Gaulle et Robert Schuman, nous savons que l’entente franco-allemande est une nécessité ;

  • Notre obsession c’est le chômage. Entre le Marck et l’Ecu, je choisis l’Ecu pour soutenir nos firmes leaders en matière d’exportation ;

  • Les aides reçues sont importantes, il serait indécent de les gommer ;

  • Il est devenu nécessaire de renforcer les frontières de l’Europe

André Diligent reprend tous ces arguments dans une intervention au Sénat le 10 juin 1992. (Applaudissements sur les travées de l’union centriste et de l’UREI, sur certaines travées du RDE et du RPR, ainsi que sur plusieurs travées socialistes).

 

Voilà cette note singulière d’un Diligent applaudi largement au Sénat avant un vote favorable des citoyens français sur Maastricht m’invite à une brève conclusion.

En 1992 l’Europe gagne et prend un autre tournant aussi. Nous ne sommes plus tout à fait dans la perspective de l’Europe intégrée des fondateurs, le temps de l’élargissement s’ouvre. Approfondissement ou élargissement…Le Parti Populaire au niveau européen se droitise lentement et la démocratie-chrétienne perd doucement de son influence.

 

A plusieurs reprises André Diligent a évoqué la jeunesse comme comptable des avancées futures de l’Europe. En 1979 il avait été interrogé sur l’opportunité d’une double citoyenneté. Pour lui l’idée est séduisante mais prématurée. La citoyenneté est pour lui un aboutissement à la fois des progrès de la construction politique et économique et aussi de tous les efforts accomplis dans les domaines concrets touchant la vie quotidienne. Une politique des petits pas est plus réaliste et plus efficace.

 

A Roubaix, en novembre 1988, devant des jeunes européens, André Diligent inaugure à l’ENSAIT les assises européennes de la jeunesse.

Il leur délivre un message d’espoir :

 

  • L’Europe n’est pas seulement un marché, un bazar commun mais une culture, une âme commune, une volonté de vivre ensemble.

  • L’Europe est une construction lente, c’est vous qui l’achèverez. Au lieu d’en faire un contient frileux, replié, faites-en une Europe de la réussite, de l’ouverture sur le monde, le tiers-monde et sur une fraternité au-delà des frontières.

  • Un trait vous unit, vous êtes européens, vous êtes français donc européens, vous êtes belges donc européens,  vous êtes allemands donc européens, vous êtes italiens donc européens, vous êtes portugais donc européens, vous êtes maghrébins d’Europe donc européens !

A travers mes recherches, je voulais vérifier si André Diligent était indéfectiblement européen. Je crois qu’il a été un formidable Européen, inspiré et inspirant. 

08/04/2014

Sur les traces de l'Abbé Lemire...avec un hommage à Jean-Marie Mayeur

Les Amis d'André Diligent avaient eu l'occasion d'accueillir Jean-Pascal Vanhove pour leur conférence de rentrée. Il venait de sortir une biographie de l’Abbé Lemire.

 

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Depuis, avec Jean-Pierre Delannoy, ils ont pu présenter les Cahiers de Jules Lemire lors de deux très beaux rendez-vous : une présentation officielle en mairie d’Hazebrouck et ensuite lors de l’assemblée générale de l’association Mémoire de l’Abbé Lemire de début mars.

Pour les revoir et les entendre tous les deux, c'est mercredi prochain, à ESPOL Lille, 70 rue du Port, de 17h à 19h.

 

L'espérance ne déçoit pas...un livre d'actualité !

 

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A ne pas manquer, un compte-rendu moderne et interactif sur le blog de Chris Delepierre

http://blog.chrisdelepierre.fr/2014/04/table-ronde-pour-la-sortie-du-livre.html

09/03/2014

Censé travailler ou travailler sensé ?

 

56_htmlarea_actu_19013_0.jpgParce qu’il n’est pas toujours simple de conjuguer premier emploi,  plan de carrière ou réorientation professionnelle avec ses convictions, le groupe Jeunes des Semaines sociales de France propose deux jours de réflexion, d’échanges et de rencontres pour  réfléchir au sens du travail et découvrir  la réflexion de l’Église sur le travail et la vie en société.

 

  • Quel métier choisir ?
  • Qu’apporte mon travail à la société ?
  • Quel équilibre trouver entre  vie perso et vie pro ?
  • Au chômage, comment trouver sa place dans la société ?
  • Comment concilier mon travail et mes valeurs ?

Pendant deux jours, les 5 et 6 avril à ANGERS, venez échanger, débattre, rencontrer, confronter vos idées ! 

 

Mêlant témoignages, ateliers, visites de terrain et conférences, ces deux jours permettront aux participants de dégager des points de repères pour leur vie professionnelle.

http://travaillersense.fr

 

 

Où sont les véritables enjeux des élections européennes ?

logo.jpgJulien Navarro, enseignant-chercheur et directeur d'ESPOL, qui a fait sa thèse de doctorat sur les députés européens, est venu à Fournes-en-Weppes le 4 février 2014, pour analyser les choses et non pour dire comment elles devraient être. Une posture normale pour un chercheur.

A l’approche des élections européennes de 2014, Débats en Weppes avait réussi à mobiliser une centaine de personnes sur un thème vaste…sur lequel on devrait être bien informé. Mais ce n’est pas le cas, souligne le conférencier alors qu’avec 503 millions d’habitants, on évoque quand même la plus grande élection démocratique transnationale au monde.

WP_004737.jpgCertes, on se focalise sur la question des candidats mais ce qui compte ce sont les enjeux. Et pour mieux les appréhender, Julien Navarro pense qu’il faut revenir sur les logiques des institutions. Pour qu’il n’y ait aucun malentendu, il rappelle que le parlement européen n’est pas la seule organisation existante. Le Conseil de l’Europe où l’on retrouve la Russie et la Turquie…a son siège à Strasbourg.

Pour autant, l’Union Européenne compte aujourd’hui 28 états-membres dont le plus récent est la Croatie. Julien Navarro souligne qu’on lit l’Europe comme l’extension de nos problèmes nationaux, pourtant ce n’est pas le cas…L’Union compte 24 langues officielles, des écarts de richesse (Un luxembourgeois est 5 fois plus riche qu’un bulgare). La devise de l’UE reste…l’union dans la diversité.

C’est que la raison d’être initiale de l’UE est….politique. Etablir un espace de paix, c’était un objectif politique qui a débouché sur une complexité. L’Europe fruit d’une histoire et de mises en commun successives : moyens de la guerre d’abord, puis l'agriculture, ensuite la sécurité et la monnaie. C’est là toute la logique de l’intégration européenne qui est à l’œuvre. Mais comment se mettre d’accord dans un cadre aussi complexe?

 

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Julien Navarro explicite 3 logiques. La logique technocratique ou juridique qui met en évidence le fait que pour se mettre d’accord sans se refaire la guerre, il faut faire appel à des experts. Cette première logique au sens politique a été tempérée par une logique intergouvernementale, à savoir que les états représentés participent à la prise de décision (Conseil de l’Union, Conseil Européen des chefs d’Etat et de gouvernement). La 3ème logique est majoritaire et plus partisane. Depuis 1979, les députés européens sont élus au suffrage universel. Certains sont tentés par la logique majoritaire qui seule permettrait la démocratie…

Pour le chercheur, aujourd’hui, nous sommes face à une combinaison des 3 logiques qui amène des prises de décision assez complexes. A la Commission un pouvoir d’initiative et au Parlement et au Conseil un pouvoir de co-décision. Ici Julien Navarro rappelle que l’Union n’est pas un Etat en plus grand. Le principe majeur de l’Union reste un principe d’attribution : les lois ne peuvent intervenir que dans la mesure où la charge en a été donnée. Par des traités par exemple dont la mission est de définir de manière précise la feuille de route aux institutions.

Ce qui a une conséquence au niveau des enjeux des élections européennes : les enjeux de cette élection, ce sont bien ceux des compétences de l’Union et du Parlement, compétences essentiellement d’ordre économique. Et l’enseignant de se faire pédagogue : pour envoyer un message politique à l’Europe, il faut le faire au moment des élections…nationales. Les élections européennes ont de leur côté des enjeux forts…au regard de compétences bien établies.

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Le Parlement a des compétences fortes, est co-décisionnaire sur le budget, le commerce international, la protection des consommateurs. Ce sont toutes ces compétences qui portent des enjeux. Et Julien Navarro d’en citer quelques-uns : la réforme du système bancaire et des banques de dépôt, comment se positionnent les partis ? Le partenariat transatlantique et la mise en place d’une zone de libre-échange avec l’UE…derrière il y a des questions essentielles sur les règles de production. Comment se positionnent les partis ? Et puis toutes les questions liées à la protection des consommateurs.

Voilà très concrètement ce sur quoi vont devoir se prononcer demain les nouveaux députés européens. Pour les citoyens, il s’agit donc de ne pas se tromper d’élection et pour les candidats de ne pas se tromper de parlement.

Le débat avec la salle pouvait partir sur de bonnes bases. Julien Navarro devait ainsi répondre que dans la logique actuelle, un salaire minimum européen, les états n’en veulent pas. Et puis s’il devait y en avoir un, il serait différent de celui que nous avons en France actuellement. L’interpellation de Jacques Delors en 1992 sur l’urgence de s’occuper de l’Europe sociale reste d’une criante actualité.

Allez, à vos enjeux européens ! Le message s’adresse autant aux citoyens qu’aux candidats !