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19/09/2016

Démarche inédite des Semaines sociales de France sur le thème de l'éducation

Chère amie,

Cher ami,

 

La 91e session des Semaines sociales de France "Ensemble, l'éducation" est lancée !

Depuis le 8 mars, plus de 80 contributions pour changer l'éducation ont été postées sur la plateforme participative : www.ssf-lasession.org.

si vous voulez changer le monde, changez l'éducation - Nelson Mandela

 

Cette démarche inédite verra son aboutissement les 19 et 20 novembre à Paris, lors de la rencontre annuelle des Semaines sociales de France.

Inscrivez-vous dès maintenant grâce à vos codes d'accès :

 

 

Nouveau cette année : Inscrivez vos enfants ou petits-enfants : un programme spécifique a été élaboré pour eux !

 

A bientôt,

 

L'équipe des Semaines sociales de France

 

L'utopie peut-elle changer le monde ?

L'utopie, peut-elle changer le monde ?

le 13 octobre en soirée à Douai, avec la participation de représentants de :

Le Relais-Colibris-Utopia

 

26/08/2016

Où sont les lumières du pays ?

les tisserands.jpgLe Conseil d’Etat du pays des lumières a rendu son avis…par définition éclairé. Mais nul doute que cet avis rendu, les différents camps vont revenir à la charge. Vous aurez remarqué que les camps dont on parle n’ont plus rien à voir avec les « écuries présidentielles » et l’échelle binaire droite/gauche. Le gouvernement est divisé, les républicains sont divisés, les socialistes sont divisés, les démocrates sont divisés. Tous sont divisés par le sens à donner à la laïcité ? D’aucuns appellent à inscrire dans la loi un nouveau code de la laïcité, les mêmes qui savent dénoncer l’inflation législative et réglementaire en France.

Cette inflation verbale et les débordements en tous genres d’élus, aux allures plus vertueuses les unes que les autres, à l’approche d’une élection présidentielle à hauts risques, semblent susciter une vague d’incompréhension sans précédent, un peu en France mais beaucoup dans le monde. De passage à Paris ce 25 août, le nouveau maire de Londres ne mâche pas ses mots : « Je ne dis pas que nous sommes encore parfaits, mais l'une des grandes sources de fierté et de satisfaction de Londres, c’est que nous ne tolérons pas simplement la différence, nous la respectons, nous l’embrassons et nous la célébrons ». Délit d’enthousiasme pour Sadiq Kan ?

Tout se passe en réalité comme si nous assistions dans les faits à une forme d’appropriation par le monde de notre concept propre de laïcité, suscitant incompréhension. En tous cas, notre laïcité française est malmenée et mal-comprise. Karim Jbeili a écrit dans l’Orient-le-Jour le 8 août dernier, juste après le meurtre du Père Hamel, que c’est « Ni plus ni moins qu’une « laïcité fanatique » qui prédominerait actuellement dans le monde francophone, en accumulant les vexations contre les non-conformes et peut provoquer des poussées de sadisme vengeur ».

Qu’avons-nous raté de profond pour en être arrivé là ? Lors de la 83ème session des Semaines sociales de France à Lyon en 2008, Jean-Paul Willaime avait plaidé pour une « laïcité de reconnaissance et de dialogue » soulignant qu’il ne fallait se tromper d'époque : « En ce début du XXIe siècle, les reconfigurations du religieux et du politique imposent en Europe une pratique de la laïcité ouverte aux apports des religions dans la vie sociale. Le renoncement des religions au pouvoir politique et le renoncement des politiques au pouvoir spirituel permettent la mise en œuvre d'une laïcité de reconnaissance et de dialogue ». Est-ce faute d’y avoir vraiment pensé et travaillé que nous en sommes arrivés dans les tréfonds des caricatures et amalgames dangereux ?

Lors de la même session de 2008 consacrée au rôle et à la place des religions dans la société, Mustafa Chérif soulignait qu’il «  fallait sortir du préjugé que la religion réprime et limite la femme et la modernité libère et épanouit. Dans les deux cas, cela dépend de l'interprétation et de la cohérence que l'on donne à nos actes et relations. Soyons humbles devant ce mystère de la différence ». Une chose est certaine à ce stade : il faudra plus que des discours pour refonder le pacte Républicain. Oui car c’est de cela dont il s’agit. Et pour affronter cette tâche-là, il faudra davantage de tisserands au sens où Abdennour Bidar en parle si justement. Pour réparer le grand tissu déchiré du monde. « Au cœur même de notre époque désenchantée, ces tisserands préparent ainsi le réenchantement. Car leur tissage patient, souvent modeste, toujours vital, propose enfin quelque chose comme le projet de civilisation que nous attendons tous. En effet, ce qu’ils font n’est pas seulement neuf mais très puissant, très universel, parce qu’il répond au besoin de sens et à un humanisme partageable et sans frontières qui est au cœur de notre époque ».

Denis Vinckier

Président des Semaines sociales Nord-Pas-de-Calais et membre du conseil des Semaines sociales de France

28/07/2016

N’infligeons pas trop vite une double peine aux musulmans de France

7784245270_francois-hollande-a-recu-les-representants-des-cultes.jpgJe fais partie de celles et ceux qui pensent qu’une grande majorité des musulmans de France souffrent de manière silencieuse de ce qui nous arrive collectivement depuis des mois : au nom d’un Islam totalement dévoyé, certains individus manipulés et endoctrinés tuent et sèment la terreur pour introduire le doute. Avec un seul objectif : mettre à mal la concorde républicaine dont un pays comme la France peut s’enorgueillir. A ce stade, il n’est d’ailleurs pas si évident que les plans des uns (http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-q...) soient totalement articulés avec les plans des autres. Raison de plus pour garder beaucoup de distance avec les interprétations rapides, toutes faites et donc à vérifier dans la durée.

Mais donc face à cette première peine infligée à cette majorité silencieuse, des voix se lèvent pour dire maintenant comment l’Islam de France doit s’organiser. Ainsi, l’ancien Ministre Jean Léonetti, connu pour sa modération, signe une tribune dans Libération du 27 juillet intitulée « L’Islam doit s’engager sur un pacte républicain ». Il souligne sans ambages que « C’est à l’Etat de reprendre le chantier inachevé de l’organisation de l’islam «de» France qui doit montrer un autre visage ». Dit ainsi c’est assez prétentieux selon moi. Il souligne par ailleurs que « Cette démarche sera longue et difficile car elle n’est pas dans notre culture républicaine qui ne reconnaît aucun culte, ni dans la culture de l’islam, qui ne reconnaît aucun chef ». Là un peu plus en accord. Et plus loin, le député des Alpes Maritimes avertit : « Cela paraît cependant la seule voie pour éviter que la fracture créée entre les musulmans et la majorité du peuple français ne devienne irréparable et aboutisse à un climat larvé de guerre civile ». C’est la méthode Coué en période extrême de difficulté.

Ce que je crois à ce stade, c’est qu’il faut d’abord, dans un contexte incertain, diffuser un esprit de concorde et laisser la suspicion de côté. Mais aussi toute volonté de vouloir « faire à la place de ». On ne va pas imposer à l’Islam de France une organisation, tout comme il serait mal venu dans une période de deuil pour tous d’arriver après les « amalgames lourds » avec des « amalgames softs ». Il faut aussi laisser les musulmans de France se rassembler, digérer ces événements et les aider à faire le chemin utile de réflexion et de prise de conscience. Les choses vont finalement plus vite qu’il n’y parait dans cette voie puisque le Recteur de la mosquée de Paris vient, ce jeudi 28 juillet, de jeter un pavé dans la mare en déclarant « que dans l’avenir, ce sera l’heure pour les musulmans de prendre conscience de ce qui ne va pas dans cette vision mondiale de l’islam ». Cela va donc bien dans le sens d’une prise de conscience interne.

Oui, il reste un fantasme quand on parle de l’Islam en France, le financement par l’étranger. Sur ce point le Sénat vient de rendre un rapport instructif soulignant que « le rôle des États étrangers dans le financement de la construction et l'entretien des mosquées est marginal par rapport au financement par la communauté elle-même ; cependant, la visibilité des mosquées - souvent des mosquées-cathédrales - qui en bénéficient, ainsi que les implications idéologiques que l'on prête à ce type de financements explique la sensibilité politique qu'ils comportent ». La mission d'information s'est donc attachée, pour chaque État financeur du culte musulman en France, à obtenir les réponses les plus exhaustives possibles concernant le montant des financements apportés.

Ceci étant dit, à ce stade, qui peut croire qu’il a été facile, il y a plus de 100 ans, pour les « Catholiques en France » d’adhérer si facilement aux valeurs et principes de la République ? Il a fallu un Pape, Léon XIII, et une encyclique, « Au milieu des sollicitudes », publiée d'abord en français, contrairement à l'usage habituel du latin, le 16 février 1892. Destinée en premier lieu à l'épiscopat de France, au clergé et aux catholiques français, avec comme sous-titre « L'Église et l'État en France », cette encyclique majeure après celle de 1891 « Rerum Novarum », s’est mise à inciter tous les catholiques de France à se rallier à la République. Rien de moins.

Nous savons que le chemin fut difficile et le chemin fut aussi un chemin de conversion. La loi de 1905, loi de conciliation, est venue consacrer les rapports de l’Etat avec les religions. Et il a fallu attendre 1928 pour que la loi de 1905 soit acceptée, après négociations, par le Vatican. C’est certainement sur ce même socle que nous devons envisager l’évolution d’un « Islam en France ». Nous savons que c’est un chemin plus exigeant mais réfléchissons et écoutons beaucoup avant d’infliger une double peine aux musulmans de France. Au boomerang de cette double peine que nous pourrions voir nous revenir en pleine figure, préférons l’exigence d’un dialogue construit et nourri.

Denis Vinckier

Président des Semaines sociales Nord-Pas-de-Calais

26/07/2016

Le Père Jacques Hamel, artisan du dialogue avec l'Islam.

10349437-le-pere-jacques-hamel-un-pretre-age-toujours-actif-qui-dialoguait-avec-les-musulmans.jpgLe Père Christian Delorme, homme de dialogue irréprochable, a tout de suite souligné que « la date du 26 juillet n'a sans doute pas été choisie au hasard. En perpétrant leurs attaques, les groupes terroristes recherchent un écho médiatique. Attaquer une église aujourd'hui, en parallèle des JMJ, c'est avoir la certitude de toucher un large public ». Et d’ajouter : « L'ampleur est beaucoup plus importante que si cela avait été commis un autre jour ».

Les discours ne manqueront pas pour chercher les coupables. Pas seulement ceux qui ont commis les attentats mais ceux, qui par leur incapacité à gérer l’Etat, les auraient de fait permis. Au niveau de la surenchère, nous allons atteindre des sommets et à ce jeu-là, la peur s’installe. Les musulmans de France, c’est-à-dire ceux qui vivent en France et ne demandent qu’à vivre en paix, sont aujourd’hui telle une majorité silencieuse. Je crois et suis sûr que beaucoup souffrent en silence.

Je viens d’entendre un prêtre, présent aux Journées Mondiales de la Jeunesse, rappeler qu’il ne faut jamais oublier que la majorité des victimes de l’EI sont des musulmans. Evidemment, dire les choses ainsi n’enlèvera rien à la souffrance des proches des victimes de Paris, Nice, Rouen qui étaient de tous les horizons, croyants ou pas. Et cela n’empêche d’ailleurs pas beaucoup de gens de penser, et c’est leur droit, que les religions n’apportent pas la paix mais la guerre.

keep-calm-and-go-to-krakow-jmj-2016.jpgMais sur ce dernier constat, le rassemblement des Journées Mondiales de la Jeunesse, apporte un démenti flagrant. Les jeunes de toutes les nations sont rassemblés à Cracovie pour célébrer la joie, l’amour et la paix. Tout comme Mohamed Karabila, le président du Conseil régional du culte musulman de Haute-Normandie, en charge de la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray, qui s’est dit effaré par le décès de son ami, le prêtre Jacques Hamel. Les nouvelles vont vite et on apprend ainsi que le prêtre et l’imam s’étaient retrouvés à plusieurs reprises lors d’interventions publiques dans des salles de fêtes. Qu’ils faisaient par ailleurs partie d’un comité interconfessionnel depuis 18 mois, où ils discutaient de religion et de savoir-vivre ensemble.

La mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray a été inaugurée en 2000 sur une parcelle de terrain offerte par la paroisse catholique de la ville. C’est un signe que le terrible méfait du jour ne devra jamais effacer. En mémoire du Père Jacques Hamel.

Denis Vinckier, Président des Semaines sociales Nord-Pas-de-Calais